On est plus fatigué en automne et en hiver parce que les jours raccourcissent et que la lumière, premier réglage de notre horloge interne, se fait plus rare. Dans la plupart des cas il s’agit d’une fatigue de saison, qui passe. Elle devient un sujet médical quand elle s’accompagne d’une humeur qui baisse, un cas que décrit notre article sur la dépression saisonnière.
Voici ce qui explique cette fatigue d’après l’Inserm et une revue de Médecine/Sciences, comment la distinguer d’un trouble saisonnier, et ce qui aide. Si votre fatigue dure toute l’année, c’est plutôt le sujet de notre guide sur la fatigue permanente.
Pourquoi la lumière décide de notre énergie
D’après le dossier chronobiologie de l’Inserm, l’horloge interne a un rythme propre, de 24 h 10 en moyenne chez les personnes en bonne santé. Livrée à elle-même, elle se décalerait de dix minutes par jour. Elle est donc remise à l’heure en permanence par des synchroniseurs extérieurs, dont le plus puissant est la lumière. Les repas, l’activité physique et la température extérieure jouent un rôle plus modeste.
Or la lumière change beaucoup entre les saisons. Une revue de Médecine/Sciences (Gagné et collaborateurs, 2010) rappelle que l’exposition lumineuse hivernale est 4 à 6 fois plus faible qu’en été. Le matin sombre, le soir qui tombe tôt et les journées passées à l’intérieur compliquent le réglage de l’horloge, ce qui expliquerait des réveils plus difficiles et un coup de barre en milieu de journée. Cette explication reste une piste : les chercheurs soulignent eux-mêmes que le rôle exact de la mélatonine fait débat, et que l’origine des troubles saisonniers demeure incertaine.

Fatigue de saison ou trouble affectif saisonnier ?
La revue de Médecine/Sciences décrit le trouble affectif saisonnier comme une baisse d’énergie et un changement d’humeur qui reviennent chaque automne et chaque hiver, puis s’estompent au printemps et en été. En Amérique du Nord, il toucherait 2 à 3 % de la population, et jusqu’à 9,7 % en Alaska, où les jours d’hiver sont plus courts. Une forme plus modérée concernerait environ 18 % de la population. Ces chiffres viennent du continent américain, nous n’avons pas trouvé de mesure équivalente pour la France.
Le trouble se distingue de la dépression classique par des symptômes dits atypiques, plus fréquents : un besoin de dormir plus, une faim plus forte et une envie de glucides. Pour poser le diagnostic, le médecin cherche quatre éléments, que résume le tableau.
| Critère | Ce que cherche le médecin |
|---|---|
| Lien avec la saison | Les épisodes dépressifs apparaissent à la même période de l’année. |
| Rémission | Une guérison complète entre les épisodes, au retour de la belle saison. |
| Répétition | Au moins deux épisodes dépressifs majeurs au cours des deux années précédentes. |
| Autre cause saisonnière écartée | Pas de lien avec un stress qui revient chaque année, comme un chômage saisonnier. |
Une fatigue qui s’installe en octobre et se dissipe en avril, sans tristesse persistante ni perte d’intérêt, relève donc plutôt de la fatigue de saison. Si l’humeur s’effondre ou que vous reconnaissez ce schéma d’une année sur l’autre, parlez-en à un médecin.
Ce qui aide quand les jours raccourcissent
Le premier levier découle de ce que dit l’Inserm : la lumière du jour est le principal réglage de l’horloge, et il vaut mieux la chercher tôt. Sortir quelques minutes le matin, même par temps gris, et travailler près d’une fenêtre sont des gestes simples qui y répondent. Ils ne sont pas une preuve d’efficacité sur la fatigue ordinaire, qui n’a pas fait l’objet de la revue citée, mais ils s’appuient sur le mécanisme.
Pour le trouble affectif saisonnier, le traitement de référence est la luminothérapie, une exposition, le plus souvent le matin, à une lumière de 10 000 lux pendant 30 minutes selon la revue de Médecine/Sciences. Notre guide explique comment fonctionne la luminothérapie et comment utiliser une lampe. Gardez aussi des horaires de coucher réguliers : notre article sur le temps de sommeil nécessaire fait le point, et celui sur le changement d’heure aide à passer le cap de la fin octobre. Si vous vous demandez si la vitamine D joue un rôle, voyez quand en prendre.

Consultez si la fatigue dure au-delà de la saison, si elle s’accompagne d’une tristesse qui ne lâche pas, de la perte de goût pour ce que vous aimiez ou de pensées sombres. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond jour et nuit.