Changement d’heure d’hiver 2026 : date, effets sur le sommeil et comment s’adapter

par Thomas | 15 octobre 2026 | Sommeil

Le passage à l'heure d'hiver aura lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026. À 3 h du matin, il sera 2 h, et l'on gagne une heure de nuit sur le papier. Cette heure ne se rattrape pas toujours comme prévu, car l'horloge interne met quelques jours à suivre. Pour savoir combien dormir pour récupérer, notre article combien d'heures de sommeil pour être en forme donne les repères par âge.

L'heure d'hiver est souvent présentée comme la plus douce des deux. Sur le sommeil, c'est en partie vrai. Sur le moral, une étude danoise montre l'inverse, et ce changement tombe au moment où les jours raccourcissent déjà, ce qui rejoint ce que nous expliquons sur la dépression saisonnière. Voici la date et ce qui change, ce que disent les études, puis comment s'y préparer en quatre jours.

Dimanche 25 octobre 2026, à 3 h il sera 2 h

La date n'est pas fixée chaque année par le gouvernement. Elle découle d'une directive européenne de 2001, qui fait finir l'heure d'été le dernier dimanche d'octobre, à 1 h du matin en temps universel, soit 3 h à Paris. Le 25 octobre est la date la plus précoce possible, puisque le dernier dimanche d'octobre tombe entre le 25 et le 31. Le retour à l'heure d'été suivra le dimanche 28 mars 2027, dernier dimanche de mars.

Les téléphones, ordinateurs et box internet changent d'heure seuls. Les horloges du four, de la voiture et les réveils classiques restent à régler à la main. Le changement le plus visible se lit dans le ciel. À Paris, d'après notre calcul astronomique, le soleil se couche vers 18 h 45 le samedi 24 octobre et vers 17 h 45 le lendemain. Le lever passe de 8 h 25 environ à 7 h 25. À Brest, le soir tombe vers 18 h 10 au lieu de 19 h 10, à Strasbourg vers 17 h 20 au lieu de 18 h 25. Le matin redevient lumineux au réveil, mais la nuit arrive à la sortie du travail.

Ce que l'heure d'hiver fait au sommeil

Le dimanche du changement, l'horloge interne se réveille à son heure habituelle, qui correspond désormais à une heure plus tôt au cadran. Les personnes qui se lèvent tôt, les jeunes enfants et les animaux domestiques le ressentent d'abord. Le coucher pose le problème inverse. À 22 h à l'heure d'hiver, le corps vit encore 23 h et l'endormissement arrive plus tôt que d'habitude.

L'heure offerte ne se transforme donc pas toujours en sommeil supplémentaire. L'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) cite une revue des études montrant une baisse du sommeil dans la semaine qui suit le changement d'heure, au printemps comme à l'automne. Le décalage reste petit, une heure, mais il s'ajoute souvent à une dette de sommeil déjà installée. La plupart des gens se recalent en quelques jours.

Sur le cœur, l'automne se montre plus clément que le printemps. Une méta-analyse publiée en 2024 dans le Deutsches Ärzteblatt, qui réunit douze études menées dans dix pays, trouve une légère hausse des infarctus dans les jours qui suivent le passage à l'heure d'été, et aucune hausse nette après le retour à l'heure d'hiver. Ses auteurs restent prudents, les études qu'ils rassemblent étant assez disparates.

Le vrai effet de l'automne porte sur le moral

Une équipe danoise a comparé, sur les registres psychiatriques du pays entre 1995 et 2012, le nombre de contacts à l'hôpital pour dépression avant et après chaque changement d'heure. Sur 185 419 contacts, le passage à l'heure d'hiver est associé à une hausse de 11 % des épisodes dépressifs, qui s'estompe en dix semaines environ. Le passage à l'heure d'été ne montre rien de comparable. L'étude, publiée en 2017 dans la revue Epidemiology, mesure une association et non une cause.

Les auteurs avancent une explication simple. Du jour au lendemain, le soleil se couche une heure plus tôt, ce qui marque d'un coup l'entrée dans une longue période de jours courts. Ce choc touche des hôpitaux danois, c'est-à-dire des cas sérieux, et ne dit pas que chacun déprime fin octobre. Il rappelle qu'une baisse de moral qui s'installe à cette période mérite d'être prise au sérieux. La luminothérapie, une sortie à la lumière du jour le matin et une activité physique régulière font partie des pistes qui aident.

Une main posée sur un réveil à aiguilles noir, au bord d'un lit, au petit matin
Le dimanche du changement, le corps se réveille à son heure habituelle, soit une heure plus tôt au cadran.

S'adapter en quatre jours

Pour le changement de printemps, l'INSV conseille d'avancer de 15 minutes par jour le lever, les repas et le coucher pendant les quatre jours qui précèdent. À l'automne, la même méthode se fait dans l'autre sens, en retardant chaque jour ces horaires de 15 minutes. Le tableau donne l'exemple d'une personne qui se couche à 23 h et se lève à 7 h.

JourCoucherLeverRepas du soir
Mercredi 21 octobre23 h 157 h 15Décalé de 15 min
Jeudi 22 octobre23 h 307 h 30Décalé de 30 min
Vendredi 23 octobre23 h 457 h 45Décalé de 45 min
Samedi 24 octobreMinuit8 hDécalé d'une heure
Dimanche 25 octobre (heure d'hiver)23 h7 hÀ l'heure habituelle
Méthode de l'INSV pour le printemps (15 minutes par jour sur quatre jours), appliquée dans le sens de l'automne. Le samedi, minuit à l'heure d'été correspond à 23 h à l'heure d'hiver.

Le samedi soir, on se couche donc à minuit sans avoir l'impression de veiller, puisque l'horloge recule pendant la nuit. Le dimanche matin, le réveil sonne à 7 h, heure d'hiver, à un moment que le corps a déjà appris. Si ce programme est difficile à tenir en semaine, décaler seulement le week-end aide déjà.

La lumière fait le reste. Sortir le matin, dans l'heure qui suit le lever, aide l'horloge interne à se recaler, et l'INSV rappelle qu'un bon sommeil demande plus d'une heure de lumière du jour par jour. Le soir, il recommande un « couvre-feu digital » d'au moins une heure avant le coucher, les écrans retardant l'endormissement. Pour les jours suivants, nos habitudes pour s'endormir rapidement prennent le relais.

Et la fin du changement d'heure ?

Le Parlement européen a voté le 26 mars 2019 la fin des changements d'heure saisonniers. Le texte attend toujours la position du Conseil, où siègent les gouvernements, d'après la fiche de procédure du Parlement, et rien ne change donc en 2026. Les spécialistes du sommeil réunis par l'INSV avaient pris position dès 2019. Ils souhaitent la fin du changement d'heure à condition de garder l'heure standard, c'est-à-dire l'heure d'hiver, la plus proche de la course du soleil.