Comment savoir si on fait de l’apnée du sommeil ?

par Thomas | 19 septembre 2026 | Sommeil

On soupçonne une apnée du sommeil quand plusieurs signes s'additionnent : un ronflement fort et quasi quotidien, des pauses respiratoires remarquées par la personne qui partage votre lit, des réveils en sursaut avec une impression d'étouffement, et une fatigue ou une somnolence marquée dans la journée malgré des nuits en apparence complètes. Le ronflement est présent dans 95 % des cas selon l'Assurance Maladie. Mais ces signes ne suffisent pas : seul un enregistrement du sommeil, le plus souvent réalisé à domicile, confirme le diagnostic et mesure sa sévérité. La démarche commence par votre médecin traitant. Voici comment repérer les signes, avec une grille pour faire le point, et comment se passe le diagnostic, illustré par le parcours d'un patient.

Qu'est-ce que l'apnée du sommeil ?

Le syndrome d'apnées obstructives du sommeil se caractérise par des arrêts (apnées) ou des baisses (hypopnées) répétés de la respiration pendant la nuit. Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent ; chez certaines personnes, les tissus obstruent alors le passage de l'air. Chaque épisode provoque un micro-éveil dont on ne garde aucun souvenir, mais qui fragmente la nuit. C'est pourquoi tant de personnes concernées pensent bien dormir tout en se réveillant épuisées, et que le diagnostic arrive souvent tard.

Les signes, la nuit et le jour

D'après la page de l'Assurance Maladie consacrée à l'apnée du sommeil, les manifestations se répartissent ainsi :

La nuitLe jour
Ronflement sévère, gênant pour l'entourage (95 % des cas)Somnolence excessive, parfois endormissements involontaires
Pauses respiratoires constatées par un procheFatigue importante, jusqu'à l'épuisement
Sommeil agité, fragmenté par des micro-éveilsDifficultés de concentration et de mémoire
Réveils en sursaut, sensation d'étouffement, cauchemars d'asphyxieIrritabilité, troubles de l'humeur
Sueurs nocturnes, besoin d'uriner la nuit, baisse de la libidoMaux de tête au réveil

Pris un par un, beaucoup de ces signes sont banals : une fatigue qui dure ou des troubles de la concentration ont bien d'autres causes. C'est leur association, surtout avec un ronflement fort, qui doit faire penser à une apnée. La grille ci-dessous vous aide à faire le point avant d'en parler à votre médecin.

Grille de repérage : faut-il en parler à votre médecin ?

La nuit

Le jour

Terrain

Cette grille reprend les signes listés par l'Assurance Maladie. Ce n'est pas un questionnaire médical validé et elle ne pose aucun diagnostic : seul un enregistrement du sommeil le permet.

Je dors seul : comment savoir ?

Sans témoin, les pauses respiratoires passent inaperçues. Trois pistes pour réunir des éléments concrets :

  • enregistrer le son d'une nuit avec une application de téléphone, à la recherche de ronflements forts entrecoupés de silences puis de reprises bruyantes ;
  • tenir un carnet pendant deux semaines : heure du coucher et du lever, réveils nocturnes, levers pour uriner, état au réveil ;
  • noter les moments où vous vous assoupissez dans la journée.

Ces éléments ne posent pas de diagnostic, mais ils font gagner du temps en consultation.

Les questionnaires utilisés en consultation

Le médecin s'appuie souvent sur l'échelle de somnolence d'Epworth, citée par l'Assurance Maladie : elle évalue la probabilité de s'assoupir dans huit situations courantes, comme lire, regarder la télévision ou être passager en voiture. Un score élevé signale une somnolence anormale, quelle qu'en soit la cause. D'autres questionnaires, comme le STOP-Bang, sont plus spécifiques à l'apnée : ils combinent ronflement, fatigue, apnées observées, hypertension, corpulence, âge, tour de cou et sexe.

Comment se passe le diagnostic ?

1. La consultation

Votre médecin vous interroge sur votre sommeil et votre fatigue, examine la gorge et le nez à la recherche d'un obstacle, et peut vous orienter vers un spécialiste du sommeil (pneumologue, ORL, neurologue).

2. L'enregistrement du sommeil

ExamenCe qui est enregistréOù
Polygraphie ventilatoireDébit d'air, mouvements respiratoires, oxygène dans le sang, rythme cardiaque, pendant au moins 6 heuresLe plus souvent à domicile
PolysomnographieLes mêmes paramètres, plus l'activité du cerveau, des muscles et des yeux, qui renseignent sur la qualité du sommeilEn centre du sommeil, parfois à domicile

Ce reportage de France 3 tourné à l'hôpital d'Antibes montre concrètement la pose des capteurs et la prise en charge :

3. Le résultat : l'indice d'apnées-hypopnées

La sévérité se mesure par le nombre d'apnées et d'hypopnées par heure de sommeil, l'IAH :

IAH (événements par heure)Sévérité
5 à 15Légère
16 à 30Modérée
Plus de 30Sévère

Le parcours d'Olivier : 33 apnées par heure

Le témoignage d'Olivier, publié en février 2024 par la communauté de patients Carenity, illustre presque point par point ce parcours. À 30 ans, ce commercial ronflait fort, se sentait fatigué en permanence et luttait contre le sommeil au volant. Ce n'est pas lui qui a donné l'alerte, mais sa compagne : ses ronflements l'empêchaient de dormir, au point que le couple faisait chambre à part. Il raconte qu'elle « n'arrivait plus à supporter » ses ronflements.

Son médecin lui a prescrit une polygraphie ventilatoire, réalisée chez lui avec des capteurs, sans hospitalisation. Résultat : un IAH de 33, soit une apnée sévère selon le tableau ci-dessus. Appareillé par pression positive continue depuis fin 2023, il dit être moins fatigué, ne plus ronfler et avoir retrouvé le lit conjugal. La principale difficulté a été de bien ajuster le masque pour éviter les fuites d'air. Son histoire montre deux choses expliquées plus haut : le premier signal vient souvent de l'entourage, et un jeune adulte peut être concerné, pas seulement une personne âgée ou en fort surpoids.

Pourquoi ne pas laisser traîner

Non traitée, l'apnée du sommeil augmente, selon l'Assurance Maladie, le risque d'hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque, de maladie coronaire, d'accident vasculaire cérébral et d'insuffisance cardiaque. Elle est souvent associée au diabète de type 2. La somnolence qu'elle provoque est aussi un danger au volant.

Des traitements efficaces existent, adaptés à la sévérité : mesures d'hygiène de vie, orthèse d'avancée mandibulaire, appareil à pression positive continue. En attendant le rendez-vous, éviter l'alcool le soir et dormir sur le côté peut limiter les ronflements, sans remplacer un avis médical : voyez la meilleure position pour dormir. Et si vos nuits sont simplement trop courtes, commencez par vérifier combien d'heures de sommeil il vous faut.

À savoir : Cet article a une vocation d'information et ne remplace pas un avis médical. Si vos troubles du sommeil persistent plusieurs semaines ou retentissent sur vos journées, parlez-en à votre médecin traitant.

À propos de l'auteur : cet article est rédigé par Thomas, auteur de Garde la Forme. Il n'est pas professionnel de santé : ses articles s'appuient sur la lecture de sources publiques (organismes de santé, études scientifiques). En savoir plus sur notre démarche.