L’anxiété ne se vit pas seulement dans la tête. D’après l’Assurance Maladie, une anxiété forte et durable peut s’accompagner de troubles digestifs, de douleurs et de tensions musculaires, de palpitations, de douleurs thoraciques, d’insomnies, de fatigue, de maux de tête ou de vertiges. Ces signes sont très divers et varient d’une personne à l’autre. Ils ne prouvent pas à eux seuls une anxiété, car beaucoup de maladies donnent les mêmes, et seul un médecin peut faire la part des choses.
Cet article décrit les symptômes physiques listés par l’Assurance Maladie, ce qui distingue une anxiété normale d’une anxiété pathologique, et le moment où consulter. Pour la crise brutale, voyez notre article crise d’angoisse : que faire sur le moment.
Les symptômes physiques de l’anxiété
L’Assurance Maladie range ces symptômes parmi les conséquences d’une anxiété majeure et chronique. Ils sont très divers :
- troubles digestifs : nausées, colopathie fonctionnelle, perte d’appétit ou, au contraire, hyperphagie ;
- douleurs et tensions musculaires, fourmillements ;
- palpitations et douleurs thoraciques ;
- troubles du sommeil et de la vigilance : insomnies, somnolence dans la journée, fatigue ;
- maux de tête et vertiges, envie fréquente d’uriner.
Anxiété normale ou anxiété qui mérite un avis
Avoir peur dans une situation réellement dangereuse, ou être tendu avant un examen, est normal. L’Assurance Maladie distingue ces réactions de l’anxiété pathologique, où les angoisses et les inquiétudes sont excessives par rapport aux éléments réels et ne sont pas contrôlables. Les pensées anxieuses y sont excessivement fréquentes, envahissantes et s’imposent à la volonté, jusqu’à de véritables scénarios catastrophes. La personne peut aussi éviter les situations qui font peur, ou répéter des gestes pour se calmer. Ce qui compte, c’est le retentissement sur la vie quotidienne, et c’est ce que le médecin évalue pour poser un diagnostic d’anxiété généralisée, de phobie, de trouble panique ou d’autres troubles anxieux.
Les ruminations font partie du tableau. Notre article sur la façon d’arrêter de ruminer détaille ce que montrent les études pour ce symptôme.
Un questionnaire pour y voir plus clair
L’Assurance Maladie propose sur la même page un petit questionnaire, l’échelle HAD (Hospital Anxiety and Depression scale), avec sept questions sur l’anxiété. Chaque réponse rapporte de 0 à 3 points. Un score de 7 ou moins ne suggère pas de symptômes d’anxiété. Entre 8 et 10, il est conseillé de consulter son médecin, car des symptômes sont possibles. À partir de 11, des symptômes d’anxiété sont présents et il faut consulter rapidement. Ce questionnaire dépistre, il ne diagnostique pas, et il se remplit directement sur le site de l’Assurance Maladie.
Quand consulter, et vers qui
Il est utile d’en parler à son médecin traitant quand ces symptômes durent, gênent la vie quotidienne ou reviennent par crises. Il vérifiera d’abord qu’aucune cause physique n’explique les douleurs, les palpitations ou les vertiges, puis proposera une prise en charge, le plus souvent par la parole. Notre article pourquoi consulter un psy explique comment s’y prendre, et celui sur le stress qui ne lâche pas aide à distinguer stress et anxiété.
Une douleur intense à la poitrine, un malaise ou un doute sur la cause d’un symptôme se traite comme une urgence, en appelant le 15 ou le 112. Et si l’anxiété s’accompagne d’idées noires ou d’idées de suicide, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond jour et nuit.
