Un arrêt maladie pour burn-out se demande à son médecin traitant, qui décide après une consultation. Le burn-out n'est pas une maladie à part entière dans les classifications de référence, mais la Haute Autorité de santé estime, dans sa fiche mémo sur le syndrome d'épuisement professionnel mise à jour en octobre 2025, qu'un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire. Si vous hésitez encore sur ce que vous ressentez, notre article sur le burn-out décrit les symptômes et explique pourquoi les femmes sont plus exposées.
Ce qui change depuis le 1er septembre 2026, c'est la durée d'un premier arrêt, désormais plafonnée en principe à 31 jours. Voici ce que le médecin cherche à comprendre, comment l'arrêt circule ensuite jusqu'à votre employeur et la Sécurité sociale, et ce que l'on perçoit pendant ce temps. Pour replacer cet épuisement dans un tableau plus large, notre article sur la santé mentale des femmes donne les chiffres et les pistes.
Obtenir l'arrêt et savoir quoi dire à son médecin
Beaucoup repoussent cette consultation. Un baromètre BVA pour Workplace Options, cité par Europe 1 en 2023, relève que 58 % des salariés français continuent de travailler quelle que soit leur condition médicale. Yann, salarié d'une intercommunalité du Finistère, a raconté au même média : « je me sentais vraiment invincible ». Il n'arrivait plus à répondre aux exigences de son poste, il était irritable, et c'est son employeur qui lui a d'abord suggéré de consulter, puis l'a imposé quelques semaines plus tard. Son arrêt pour burn-out a duré près de deux ans et demi. Ce récit illustre l'erreur que le média décrit comme fréquente, attendre d'être contraint, et qui conduit à des arrêts plus longs que prévu.
Chez le médecin traitant, inutile de prononcer le mot burn-out ni d'arriver avec un diagnostic. Le médecin cherche à savoir ce qui a changé par rapport à votre état habituel, et il peut vous adresser à un psychiatre si le trouble est sévère ou si l'arrêt doit se poursuivre, comme l'explique notre article sur la consultation d'un psy. La Haute Autorité de santé décrit les signes à repérer, et ce sont eux qu'il faut décrire : une fatigue qui ne passe plus, un sommeil perturbé, des difficultés de mémoire et de concentration, de l'irritabilité ou de l'anxiété, des douleurs diffuses, l'envie de s'isoler et le doute sur ses propres compétences.
Préparer quelques repères rend la consultation plus précise. Notez depuis quand les symptômes sont apparus, en quoi ils rompent avec votre état d'avant, un ou deux exemples concrets au travail, et ce que vous avez déjà essayé pour récupérer. La Haute Autorité de santé demande aussi d'évaluer le risque suicidaire. Si des idées noires vous traversent, dites-le dès cette consultation, et sachez que le 3114 répond à toute heure. Le médecin décide ensuite de l'arrêt et en adapte la durée à l'évolution du trouble et du contexte professionnel.

Le médecin peut écrire « burn-out » ou « épuisement professionnel » sur la partie médicale de l'arrêt. En mai 2024, le Conseil d'État (décision n° 469089) a ainsi annulé une décision de l'ordre des médecins qui confirmait un avertissement contre une généraliste. L'employeur de son patient lui reprochait d'avoir porté la mention « burn out » sur une prolongation d'arrêt. Les juges ont estimé que constater un syndrome d'épuisement professionnel sans disposer de l'analyse des conditions de travail par le médecin du travail ne suffit pas à faire un certificat de complaisance, et l'affaire a été renvoyée devant l'ordre. Vous pouvez de votre côté demander à tout moment une visite auprès du médecin du travail, y compris pendant l'arrêt, et sans en informer votre employeur si elle a lieu en dehors de vos heures de travail, rappelle la Haute Autorité de santé.
L'envoi de l'arrêt, le secret médical et les contrôles
Une fois la consultation passée, ameli rappelle que vous avez 48 heures pour transmettre l'avis d'arrêt à votre caisse d'assurance maladie et à votre employeur. Si le médecin ne vous a remis qu'une seule feuille, il a télétransmis les volets 1 et 2 à la caisse, et il vous reste à envoyer le volet 3 à votre employeur par courrier dans ce délai. S'il vous a remis un avis papier à trois feuilles, c'est à vous d'envoyer les volets 1 et 2 au service médical de la caisse. Le formulaire sécurisé est obligatoire pour le papier depuis le 1er juillet 2025, et aucune photocopie ni aucun scan ne sera accepté.
Ce que l'employeur lit se limite à l'essentiel. Le volet 3 n'indique pas la raison médicale de l'arrêt, une information couverte par le secret médical qui ne le concerne pas, précise l'Assurance maladie. Les éléments d'ordre médical, dont la mention du burn-out, figurent sur la partie destinée au médecin-conseil de la Sécurité sociale, comme le rappelle la décision du Conseil d'État. Pendant l'arrêt, le médecin indique si vous pouvez sortir de chez vous. Quand les sorties sont autorisées, vous devez être présent chez vous de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, tous les jours, et la caisse peut venir contrôler.
La durée de l'arrêt et les indemnités depuis septembre 2026
Depuis le 1er septembre 2026, selon Service-Public, la durée d'un arrêt prescrit pour la première fois ne peut plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation 62 jours. Le médecin peut prolonger l'arrêt au-delà de cette durée quand l'état de santé le nécessite, en tenant compte des recommandations de la Haute Autorité de santé lorsqu'elles existent, et la prolongation peut venir du médecin qui a prescrit l'arrêt initial comme du médecin traitant. Un arrêt long pour burn-out peut donc se découper en renouvellements, avec une consultation à chaque étape.
Côté revenus, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières égales à 50 % du salaire journalier de base, après trois jours de carence. Ce salaire de base correspond aux trois derniers salaires bruts divisés par 91,25, plafonnés à 1,4 fois le Smic, soit 2 613,82 € par mois en 2026, et l'indemnité ne peut pas dépasser 42,97 € bruts par jour. Avec 2 000 € bruts par mois, Service-Public calcule ainsi 32,87 € par jour. Pour y avoir droit pendant les six premiers mois, il faut avoir travaillé au moins 150 heures sur les trois mois précédents, ou remplir une condition de cotisation équivalente.
Votre employeur peut compléter ces indemnités si vous avez au moins un an d'ancienneté et que vous lui avez transmis le certificat médical dans les 48 heures, la convention collective pouvant se montrer plus favorable. Au-delà de 30 jours d'arrêt, la Haute Autorité de santé recommande aussi une visite de pré-reprise avec le médecin du travail, non obligatoire, pour préparer le retour dans de bonnes conditions. Faire reconnaître l'origine professionnelle du burn-out est en revanche une démarche distincte de l'arrêt maladie.
Pour mettre un chiffre sur votre épuisement avant de consulter, notre test de burn-out reprend un questionnaire danois en 13 questions, avec ses limites.
À savoir : Cet article a une vocation d'information et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un psychologue ou d'un psychiatre. Si vous traversez une période de détresse ou avez des idées suicidaires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24 h/24 et 7 j/7.
À propos de l'auteur : cet article est rédigé par Thomas, auteur de Garde la Forme. Il n'est pas professionnel de santé : ses articles s'appuient sur la lecture de sources publiques (organismes de santé, études scientifiques). En savoir plus sur notre démarche.
